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MALAISE  
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Malaise  
Objectifs  
Connaître les signes en fonction de l’étiologie du malaise.  
Savoir apprécier la gravité d’un épisode de malaise, qui peut être le pro-  
drome d’un trouble cardiaque, vasculaire, neurologique.  
Savoir mettre en route les traitements d’urgence si nécessaire.  
Définition  
Un malaise est un épisode de trouble de la conscience ou de la vigilance :  
aigu ;  
régressif ;  
avec ou sans hypotonie ;  
avec ou sans perte de connaissance initiale ;  
pouvant être responsable d’une chute.  
Le retour à l’état antérieur est spontané, rapide ou progressif.  
Il est perçu par le patient ou son entourage comme une modification de  
son état antérieur.  
On ne peut pas parler de malaise si :  
il n’y a pas eu de trouble de la conscience ou de la vigilance ;  
l’apparition des troubles est progressive sur plusieurs heures ;  
les symptômes persistent.  
Trouble de la conscience : perturbation de l’état de veille et de la motri-  
cité volontaire, avec conservation des fonctions végétatives (circulation,  
respiration…).  
Syncope : chute et perte de connaissance sans prodrome avec réveil  
brutal sans phase postcritique. Elle oriente vers une origine cardiovascu-  
laire.  
Hypotension orthostatique : syndrome clinique caractérisé par une  
impression de vertige, de lipothymie associée à une hypotension, surve-  
nant à la station debout et, le plus souvent, au passage rapide de la  
position couchée à la position debout.  
Hypotonie : diminution du tonus musculaire.  
Prodrome : symptôme se produisant juste avant un état pathologique  
dont il annonce l’imminence.  
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Premiers gestes – Questions au patient  
L’IOA débute la prise en charge :  
Sa première fonction va être de déceler des signes de gravité par  
l’observation du patient à son arrivée. Elle évalue :  
niveau de conscience (score de Glasgow) : somnolence, obnubilité,  
réaction à la douleur…  
fonction respiratoire : FR, cyanose, coloration cutanée, sueurs.  
coloration cutanée ;  
déficit neurologique ;  
lésion traumatique ;  
morsure de la langue, perte d’urine.  
L’existence d’au moins un de ces signes indiquera alors que le malaise  
n’est pas le motif réel de recours aux urgences et la prise en charge s’en  
trouvera modifiée.  
Trois principaux éléments d’orientation vont permettre de définir le  
motif de recours en tant que malaise :  
existence de prodromes ;  
évolution des troubles (régressif ou pas) ;  
existence initiale d’un trouble de la vigilance ou de la conscience ;  
existence de douleurs thoraciques ;  
existence de troubles digestifs (diarrhée, vomissements) en faveur d’une  
déshydratation.  
Le recueil de renseignements administratifs fait également partie de  
l’accueil aux urgences.  
Il est primordial de noter les coordonnées téléphoniques des  
personnes qui accompagnent le patient (famille, témoins, services  
de secours, collègues de travail…).  
L’accueil est aussi le moment pour :  
rassurer le patient et sa famille ;  
l’installer et lui expliquer le déroulement de la prise en charge ;  
lui demander les coordonnées manquantes pour joindre sa famille ou  
ses proches.  
Interrogatoire  
Le recueil de données va se faire auprès du patient, mais aussi auprès  
de l’entourage, des accompagnants ou des témoins (s’ils sont présents).  
L’interrogatoire doit permettre d’orienter l’évaluation initiale et le dia-  
gnostic, en appréhendant :  
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le passé médical (antécédents, traitements, allergie…) ; le contexte  
social du patient.  
Toutes ces informations doivent être notifiées dans le dossier de soins  
du patient et transmises à l’équipe de soins et à l’équipe médicale.  
Interrogatoire  
Antécédents  
En particulier cardiovasculaires ou neurologiques, pouvant  
expliquer l’épisode actuel  
Noter l’existence (ou non) d’épisodes identiques avec des  
circonstances comparables (ou non)  
Âge  
Supérieur à 70 ans : facteur de risque  
Sexe  
Date des dernières règles et grossesse éventuelle chez la  
femme jeune  
Recherche exhaustive Coprescription par des médecins différents ou  
des traitements suivis automédication avec risque de iatrogénie : associations  
(
ou interrompus  
contre-indiquées, surdosage, introduction ou modification  
récente de posologie, erreur de prise, etc.  
récemment par le  
patient)  
Alcool, stupéfiants  
Consommation habituelle ou récente  
Circonstances précises Au lever, en postprandial, après miction ou émission de  
du malaise  
selles, à l’effort, lors d’un mouvement en particulier du  
cou, après une immobilisation prolongée ou un voyage  
aérien, contexte de conflit familial, conjugal…  
Environnement  
Type du malaise  
Lieu confiné avec chaleur (transport en commun,  
restaurant) propice à un malaise vagal, ou bien possibilité  
d’intoxication au CO à ne jamais négliger  
Brutal, à l’emporte-pièce ou, au contraire, précédé de  
prodromes qui seront à préciser : sensation de chaleur,  
voile noir devant les yeux, phosphènes, acouphènes,  
vertiges, lipothymie…  
Essayer de s’assurer de l’existence ou non d’une perte de  
connaissance initiale réelle, notion souvent difficile à  
définir avec précision chez de nombreux patients  
Aspect du patient  
pendant le malaise  
Pâleur ou cyanose, hypertonie ou hypotonie, respiration  
calme ou stertoreuse, clonies éventuelles, plainte  
exprimée, propos incohérents…  
Fin du malaise  
Brutale avec retour immédiat à l’état de base (cause plutôt  
cardiovasculaire)  
Progressive avec phase postcritique (cause plutôt  
neurologique)  
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La prise des constantes vitales est systématique dès l’accueil : PA  
aux deux bras, pouls, FR, SpO , température et glycémie.  
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Prise en charge – Bilans, traitement  
Réalisation d’un ECG diagnostique  
Installer le patient en décubitus dorsal.  
Vérifier la date de péremption des électrodes (conservées dans un  
endroit sec et protégées de la lumière).  
Pour un bon contact électrique, penser à raser les poils (si en trop grand  
nombre) et à nettoyer une peau grasse ou très sèche.  
Réaliser un ECG complet qui associera, outre les douze dérivations habi-  
tuelles, les dérivations droites V3R, V4R et les dérivations postérieures  
V7, V8, V9.  
Vérifier la qualité du tracé, son étalonnage et sa vitesse ; mettre le filtre  
pour limiter les artefacts.  
Procéder à un enregistrement de D2 long.  
Faire interpréter l’ECG avant de débrancher les électrodes.  
Laisser les électrodes en place pour renouveler les tracés (sauf si le  
patient va en radiographie).  
L’ECG permet de porter certains diagnostics parmi les plus graves et d’ins-  
taurer un traitement efficace sans délai : trouble du rythme (flutter, tachy-  
cardie ventriculaire…), de la conduction (bloc auriculoventriculaire) ou de  
la repolarisation (ischémie ou infarctus du myocarde).  
Les paramètres hémodynamiques vont permettre de déceler les signes de  
gravité et d’orienter le diagnostic et la prise en charge.  
L’ECG sera réalisé systématiquement sans attendre une  
prescription médicale.  
Surveillance des paramètres vitaux  
Poser une voie veineuse périphérique (NaCl 0,9 %), afin d’anticiper toute  
aggravation du patient (sauf en l’absence de tout signe de gravité).  
Fréquence cardiaque  
Il s’agira de mettre en évidence :  
une bradycardie (FC < 60) ;  
ou une tachycardie (FC > 120) ;  
et d’en apprécier la gravité.  
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Le rythme cardiaque sera également à prendre en compte : régulier ou  
irrégulier, pouls filant.  
Devant une anomalie de la FC, il faut rechercher des signes associés  
(
hypotension, marbrure, sueur, nausée, douleur…) et la mettre en rap-  
port avec les antécédents et traitement du patient.  
Pression artérielle  
Aux deux bras, à la recherche d’une éventuelle asymétrie définie par un  
écart supérieur à 20 mm Hg (signe en faveur d’une dissection aortique).  
Les résultats sont interprétés en fonction du contexte et des facteurs  
favorisants (douleur, stress, hyperthermie…) :  
Une hypertension associée à la découverte d’un déficit moteur, sensitif  
ou de céphalées orientera plutôt vers une étiologie neurologique.  
Si elle est associée à une douleur thoracique ou à une dyspnée, l’orien-  
tation sera plutôt cardiologique.  
Enfin, une hypotension associée à une tachycardie, des marbrures, sera  
plutôt en faveur d’un état de choc.  
La mesure de la tension permettra également de mettre en évidence  
une hypotension orthostatique. Elle doit être associée à une recherche  
de signes neurologiques ou à une prise médicamenteuse.  
PRÉCAUTION LORS DE LA RECHERCHE DUNE HYPOTENSION ORTHOSTATIQUE  
Ne pas rechercher une hypotension orthostatique (donc en mettant le  
patient debout…) :  
avant d’avoir pris les constantes (PA, FC, SpO2…) d’un patient arrivé couché ;  
en cas de suspicion d’embolie pulmonaire (cela paraît certes évident mais  
la réalité prouve que parfois…).  
chez un patient encore lipothymique ou sous l’emprise de l’alcool, si vous  
n’êtes pas assez nombreux pour lui éviter une chute.  
En dehors de l’existence de protocoles définis localement, il est  
préférable d’attendre l’avis du médecin pour limiter ponctions ou  
prélèvements inutiles.  
Glycémie capillaire  
Pour le diagnostic différentiel d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie (dia-  
bète inaugural en cas d’association à une acidocétose).  
Les résultats obtenus sont à mettre en rapport avec les antécédents et  
le traitement du patient.  
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Penser également à réaliser une BU en cas de glycémie capillaire supé-  
rieure à 2,5 g (ou 13,75 mmol), à compléter si possible par une cétoné-  
mie capillaire en cas de glycosurie supérieure à « + » (une croix).  
Autres paramètres  
L’oxymétrie de pouls et la mesure de la FR peuvent permettre de déceler  
un problème cardiovasculaire (penser à l’embolie pulmonaire) ou respi-  
ratoire. Les résultats obtenus doivent systématiquement être associés à  
la recherche de signes cliniques tels que cyanose, sueurs, marbrures,  
dyspnée… et mis en relation avec les autres paramètres hémodynami-  
ques.  
La température : une hypo- ou hyperthermie peut orienter vers une  
étiologie infectieuse.  
Autres éléments de la prise en charge  
Réalisation d’un bilan sanguin : non systématique.  
Un dosage de l’alcoolémie (mise en évidence d’une intoxication éthyli-  
que), une carboxyhémoglobinémie (intoxication au monoxyde de car-  
bone), un dosage de toxiques ou de médicaments ne seront envisagés  
que sur des arguments cliniques et anamnestiques après examen médi-  
cal.  
Surveillance – Évaluation  
Poursuivre une surveillance régulière des paramètres vitaux et de l’évo-  
lution des signes cliniques.  
Réaliser le plus précocement possible un nouvel ECG en cas de récidive  
du malaise aux urgences.  
Récupérer et transmettre les résultats de tous les examens réalisés.  
Avec l’aval du médecin, penser à prévoir un plateau-repas pour les  
patients diabétiques et à faire prescrire ou arrêter leur insuline.  
Orientation  
Une fois le diagnostic posé et la prise en charge réalisée, les résultats des  
explorations cliniques et des examens complémentaires sont expliqués au  
patient et/ou à son entourage. Plusieurs orientations sont alors possibles  
pour le patient en fonction de l’étiologie avérée ou suspectée :  
Transfert en unité spécialisée pour les pathologies aiguës spécifiques :  
cardiovasculaires (trouble du rythme ou de la conduction, embolie pul-  
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monaire, cardiopathie ischémique), neurologiques (AIT, épilepsie com-  
plexe).  
Hospitalisation en court séjour voire en UHCD pour les patients néces-  
sitant des explorations complémentaires et dont les facteurs de risque  
ne permettent pas le retour au domicile.  
Attention aux patients âgés isolés.  
UHCD pour les surveillances rapprochées de quelques heures : hypoten-  
sion orthostatique en particulier iatrogène, crise convulsive isolée non  
compliquée, intoxication éthylique, oxycarbonée ou médicamenteuse  
non réanimatoires.  
Dans le cas d’un retour à domicile (malaise vagal, absence de critères de  
gravité ou d’hospitalisation), il est important d’expliquer au patient que  
le risque de récidive existe. La prévalence des malaises et la fréquence  
de leur caractère iatrogène impliquent un travail de prévention et  
d’éducation. L’information doit être appropriée aux problèmes de santé  
du patient. S’assurer enfin des conditions de retour au domicile :  
Par quel moyen ?  
Le patient vit-il seul ou non ?  
A-t-il un médecin traitant ?  
Peut-il se procurer les traitements prescrits (argent disponible, pharma-  
cie ouverte) ?  
Fiche 1, États de choc.  
Fiche 42, Hypoglycémie.  
Fiche 21, Intoxication au monoxyde de carbone (CO).  
Fiche 111, Électrocardiogramme.  
Fiche 133, Saturométrie de pouls.  
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