Bienvenue Sur Medecine Pro


DÉFAILLANCE CIRCULATOIRE AIGUË  
2
Arrêt cardio-respiratoire  
Objectifs  
Savoir reconnaître l’arrêt cardio-respiratoire (ACR).  
Savoir agir sans délai.  
But de la réanimation cardiovasculaire et respiratoire : rétablir une circula-  
tion et une ventilation efficace, afin d’obtenir une survie sans séquelle  
neurologique.  
Connaître les procédures de recours médical et de vérification des chariots  
d’urgence dans les services et hors des services de soins.  
Le temps est le facteur pronostique essentiel.  
Définition  
L’arrêt cardio-respiratoire est un arrêt circulatoire qui regroupe toutes les  
situations dans lesquelles la fonction hémodynamique du cœur n’est plus  
assurée. Cela aboutit à une mort apparente.  
L’arrêt respiratoire peut être primitif (la circulation continue quelques  
minutes en utilisant les réserves d’O contenues dans le sang et les pou-  
2
mons) ; l’ACR est alors secondaire et hypoxique (noyade, inhalation, élec-  
trocution, obstruction des voies respiratoires…).  
Signes  
Absence de réaction  
On constate une perte totale de toute relation avec l’entourage. Il n’existe  
aucun mouvement, volontaire ou non.  
Chez la personne âgée, la crise d’épilepsie peut être le prodrome de l’arrêt  
cardiaque.  
Arrêt de la fonction circulatoire  
Les pouls sont abolis (radial, fémoral mais surtout carotidien).  
Absence de respiration  
L’absence de mouvement respiratoire au niveau du thorax et de l’abdo-  
men est de règle. On peut aussi rechercher l’absence de flux d’air en met-  
tant une main au niveau de la bouche et du nez. Au moment de l’ACR, il  
peut y avoir des gasps. Si l’arrêt est d’origine cardiaque, il se passe environ  
30 à 60 secondes avant l’arrêt respiratoire.  
8
DÉFAILLANCE CIRCULATOIRE AIGUË  
2
Arrêt cardio-respiratoire  
La recherche d’autres signes (mydriase, pression artérielle  
imprenable, cyanose…) est inutile et dangereuse car elle retarde la  
prise en charge thérapeutique.  
L’absence de pouls n’est plus considérée aujourd’hui comme une méthode  
fiable. Des études ont démontré que celui-ci n’était que rarement pris cor-  
rectement et que sa recherche obstinée faisait perdre beaucoup de temps.  
Premiers gestes  
Il s’agit d’un patient inconscient, ne bougeant plus et ne respirant pas :  
Faire prévenir le médecin.  
Demander de l’aide.  
Pour débuter une réanimation cardio-respiratoire (RCP), il vaut mieux être  
deux. Cela est aisé en milieu hospitalier.  
Préparer le patient  
Le patient doit être mis à plat dos sur un plan dur (++).  
Dégrafer ceinture, pantalon, col, cravate.  
Dénuder le torse (couper les vêtements), afin de pouvoir appliquer les  
palettes ou les électrodes.  
Libérer les voies aériennes :  
Geste de première importance, vérifier l’absence de corps étranger.  
Enlever les prothèses dentaires.  
Ouvrir la filière laryngée en basculant la tête en arrière et en subluxant  
en avant la mandibule.  
Débuter les manœuvres  
Massage cardiaque externe  
Le massage cardiaque externe doit débuter la séquence de  
ressuscitation cardio-pulmonaire.  
Dans les minutes qui suivent l’arrêt cardiaque, le sang est encore oxygéné.  
La priorité est le maintien de la perfusion des organes nobles. La réticence  
de beaucoup pour la pratique du bouche-à-bouche a contribué également  
à simplifier les recommandations de prise en charge en privilégiant le mas-  
sage cardiaque externe.  
9
DÉFAILLANCE CIRCULATOIRE AIGUË  
2
Arrêt cardio-respiratoire  
Intubation :  
elle permet le contrôle des voies aériennes, protège des inhalations,  
permet les aspirations trachéales ;  
le monitorage du CO expiré confirme le bon positionnement, intratra-  
chéal, de la sonde.  
2
Ventilation ; la FiO est de 100 % :  
2
ventilation manuelle : au ballon sur sonde, avec un apport d’O2 de  
15 L/min, elle permet de moduler les insufflations, mais l’apport en O2  
est souvent inconstant et monopolise une personne à la ventilation ;  
ventilation mécanique : 12 à 15 insufflations par minute, volume cou-  
rant adapté au poids du patient. Ce procédé libère une personne.  
Pose d’une voie d’abord : une voie distale est souvent difficile et peut  
faire perdre inutilement du temps. Il faut préférer un pli du coude. Une  
voie centrale peut être posée si l’opérateur est entraîné ; la pose néces-  
site l’arrêt du MCE et de la ventilation. La voie endotrachéale est possi-  
ble surtout pour l’adrénaline, en attendant d’avoir un abord veineux  
fiable. Le soluté de choix est le NaCl 0,9 %. Le sérum glucosé aggrave  
l’œdème cérébral.  
Un tracé ECG sera réalisé :  
pendant la RCP ;  
après reprise d’une activité cardiaque ;  
en cas de troubles du rythme ;  
en cas de choc électrique externe.  
La mise en place d’une voie veineuse centrale sera possible dans un  
second temps afin de passer les amines.  
En cas d’intubation, l’infirmier posera une sonde nasogastrique ainsi  
qu’une sonde urinaire à demeure sur prescription médicale ou proto-  
cole.  
En cas de bloc auriculo-ventriculaire, une sonde d’entraînement électro-  
systolique pourra être mise en place.  
Administration des drogues :  
L’adrénaline reste le produit de référence en cas d’asystolie. Elle agit en  
augmentant les résistances vasculaires périphériques ainsi que les pres-  
sions diastolique et systolique au cours du massage. Elle améliore le  
débit cérébral et myocardique, ce qui facilite la reprise de l’activité car-  
diaque. Elle peut mettre le cœur en fibrillation ventriculaire, ce qui  
donne la possibilité de faire un choc électrique externe et, donc, de  
retrouver un rythme cardiaque efficace. Dose :  
-
intratrachéal : 3 mg dans 10 mL de NaCl 0,9 % ;  
1
2
DÉFAILLANCE CIRCULATOIRE AIGUË  
2
Arrêt cardio-respiratoire  
-
IV : 1 mg IVD en bolus toutes les 3 à 5 min. En cas d’inefficacité, on  
peut augmenter les doses : 2 à 5 mg par injection ; il n’existe pas de  
consensus sur la dose exacte à administrer.  
L’amiodarone est préconisée de première intention en cas de fibrillation  
réfractaire, malgré l’absence de démonstration d’un bénéfice à long  
terme. En cas d’indisponibilité, l’emploi de la lidocaïne est recom-  
mandé.  
L’Isuprel en cas de bloc auriculo-ventriculaire : l’infirmier dilue cinq  
ampoules (soit 1 mg) dans 250 mL de G5 % et protège la perfusion de  
la lumière.  
Soluté de bicarbonate de sodium : pour corriger l’acidose provoquée  
par le métabolisme anaérobie des cellules privées d’oxygène. Il n’est pas  
compatible avec l’adrénaline : rincer la tubulure minutieusement, ou  
bien passer les produits sur des voies d’abord veineux différentes.  
Les autres drogues n’ont pas fait la preuve de leur supériorité ou de leur  
efficacité (vasopressine, calcium, magnésium).  
Surveillance – Évaluation  
Toutes les données du monitorage, de la RCP, d’injection des drogues  
(
bolus, perfusion, PSE), l’efficacité ou non des traitements, l’évolution  
clinique du patient seront retranscrites minutieusement dans le dossier  
de soins.  
La relation avec la famille fera l’objet d’une attention particulière de la  
part de tous les intervenants.  
Fiche 104, Défibrillateur semi-automatique.  
Fiche 120, Massage cardiaque externe (MCE).  
1
3