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SITUATIONS MÉDICO-LÉGALES  
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Mort subite du nourrisson  
Définitions  
Une définition de la mort subite du nourrisson a été proposée en 1991  
par le National Institute of Child Health and Human Development des  
États-Unis : « Décès soudain d’un enfant âgé de moins de 1 an qui reste  
inexpliqué après une investigation approfondie, comportant la réalisa-  
tion d’une autopsie complète, l’examen de la scène du décès et la revue  
de l’histoire clinique. »  
La mort subite du nourrisson (MSN) apparaît pour la première fois isolée  
en tant que telle au chapitre des Symptômes, signes et états morbides  
e
mal définis, de la Classification internationale des maladies, 9 révision  
(
CIM-9), sous la rubrique 798.0. Syndrome de la mort subite chez le  
e
nourrisson (nourrisson trouvé mort dans un berceau). La 9 révision de  
la CIM a été publiée en 1975, par l’Organisation mondiale de la santé  
(
OMS).  
En France, l’adjectif « inexpliqué » qui fut, dans un premier temps,  
inclus dans la formule « mort subite inexpliquée du nourrisson »  
1
(
MSIN), a été progressivement banni de la terminologie .  
Au domicile  
Prise en charge de l’enfant  
Les manœuvres de réanimation sont systématiques (RCP pédiatrique,  
massage cardiaque externe, oxygénothérapie) : elles sont essentielles  
afin que la famille ait le sentiment que tout a été entrepris pour sauver  
leur enfant.  
Observer l’ambiance de l’habitat.  
Prise en charge médico-psychologique de la famille  
Déculpabiliser.  
Expliquer la procédure.  
Effectuer le relais avec le médecin généraliste.  
Le médecin rédige un certificat de décès, récupère le carnet de santé,  
effectue l’interrogatoire de la famille (déroulement des événements,  
antécédents…).  
1
. Disparition attestée par le fait que le Groupe d’étude en langue française sur la  
MSIN devint le GELF-MSN.  
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Mort subite du nourrisson  
Transfert au centre hospitalier  
Prévenir le service de radiographie de l’arrivée de l’équipe pour la radio-  
graphie post mortem (squelette entier).  
Prévenir le service de l’arrivée des parents le cas échéant.  
Accueil de l’enfant décédé et de sa famille  
Lorsque l’arrivée est annoncée aux urgences par un intervenant préhos-  
pitalier :  
prévenir l’ensemble de l’équipe médicale, dont le médecin référent s’il  
en existe un, et paramédicale de soins et d’encadrement ;  
prévoir un lieu d’accueil ou s’assurer que le lieu réservé traditionnelle-  
ment en pareil cas est disponible.  
Que l’arrivée soit annoncée ou pas, prendre en charge les parents  
immédiatement, ne pas les laisser patienter en salle d’attente.  
Ne pas les laisser seuls, détacher un personnel pour s’occuper d’eux.  
DEUIL ET MORT SUBITE DU NOURRISSON  
La soudaineté ainsi que le caractère souvent inexplicable du décès rendent  
le deuil particulièrement difficile pour les parents.  
Si les sentiments de culpabilité sont toujours présents lors de la mort d’un  
proche, ils sont généralement aggravés dans la MSN, en raison du jeune  
âge de l’enfant, l’entourage se sentant particulièrement responsable de sa  
santé, de son confort et donc de sa vie.  
La mère, encore très proche physiquement de son bébé, ressent cette perte  
comme un énorme vide, un manque très cruel. C’est une partie d’elle-  
même qu’elle a perdue mais, en même temps, cela arrive à un moment où  
elle pouvait amorcer certaines séparations (reprise d’intérêt pour elle-  
même, pour le monde extérieur, reprise de travail). Elle s’accuse alors de  
n’avoir pas été assez présente et attentive.  
Le père vit différemment cette perte. Ce bébé qu’il était en train de décou-  
vrir disparaît brutalement sans lui laisser le temps de consolider des liens  
réels qui se tissaient entre eux. Il se sent gravement pris en défaut lui aussi  
dans son devoir de protection. Il se sent souvent obligé d’être fort, de  
cacher son chagrin, de soutenir la mère, les enfants aînés. II peut y avoir un  
contresens sur son état réel et une incompréhension peut s’installer, en  
particulier entre les deux parents en raison de façons différentes de souf-  
frir.  
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Le soignant se rappellera que, face à des parents endeuillés, c’est tout le  
processus de devenir parents qui s’écroule, avec notamment le sentiment  
de procréativité et le souci de pérennité qui s’effondrent, c’est l’échec au  
1
sentiment de continuité du nom à travers les générations : pour eux, c’est  
n’est pas la fin du monde, mais la fin de « leur » monde, celui qu’ils avaient  
imaginé et tenté de construire.  
1. La MSN touche principalement les garçons.  
Penser à diriger les parents vers les associations locales ou  
nationales liées à la MSN et à son deuil (liste à posséder dans le  
service).  
Appliquer les protocoles d’urgence pour l’enfant décédé  
Réaliser les démarches administratives  
Elles sont fonction des protocoles établis dans chaque établissement ;  
cependant, on retrouve souvent la procédure suivante :  
Inscrire l’enfant, voire faire une admission.  
S’il existe, ouvrir un dossier réservé aux MSN.  
Faire remplir et signer le billet de salle par le médecin (constat du  
décès) : établir une heure de décès (l’heure du décès doit être posté-  
rieure à l’heure d’arrivée).  
Remplir le registre d’inventaire de décès.  
Mettre les affaires personnelles dans un sac étiqueté au nom de  
l’enfant. Les remettre aux parents, si possible, ainsi que les objets de  
valeur (bijoux), ou faire descendre le sac à l’amphi. Les objets de valeur  
peuvent être déposés au coffre.  
Photocopier les pages remplies du carnet de santé, les insérer dans le  
dossier et rendre le carnet de santé aux parents.  
Remettre aux parents la feuille concernant les informations administra-  
tives sur la chambre mortuaire.  
Inviter les parents à rencontrer le psychologue du service des urgences ;  
indiquer des associations pouvant les aider dans leur deuil.  
S’assurer que les parents ont bien compris ce qui leur a été dit.  
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Mort subite du nourrisson  
Examens complémentaires sur l’enfant décédé  
Mesures de :  
température ;  
poids ;  
taille ;  
périmètre crânien ;  
périmètre thoracique.  
Préparer le matériel pour prélèvement sanguin selon le protocole local,  
par le médecin en intracardiaque seringue, généralement :  
sérologie coqueluche ;  
tryptase ;  
Rast-PLV ;  
biochimie ;  
ADN : gouttes de sang sur buvard à garder au dossier ;  
hémocultures ;  
pour les enfants de moins de 1 mois :  
-
-
caryotype ;  
test de Guthrie (buvard) à insérer dans le dossier.  
Préparer le nécessaire pour ponction lombaire ; 4 tubes :  
1 tube pour la biochimie ;  
1 tube pour la bactériologie-antigènes solubles ;  
l tube pour l’anatomopathologie ;  
1 tube à garder au réfrigérateur.  
Prélèvement pharyngé par aspiration pharyngée ; recherche de VRS en  
bactériologie.  
Téléphoner pour organiser l’examen radiologique post mortem : sque-  
lette complet (sur place).  
Soins à l’enfant décédé  
Préparation du corps de l’enfant :  
toilette (couche) ;  
préparer le corps selon protocole local.  
S’il existe dans le service un pack spécial MSN, ne pas oublier de le  
refaire après le départ du corps de l’enfant.  
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